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Johnson Sirleaf: I’ll not fire my sons

Ellen Johnson Sirleaf, the president of Liberia, is a beloved leader around the globe. She received the Nobel Peace Prize 2011. Yet, in her own country she’s been accused of nepotism. I was on hand for an exclusive interview.

Three of your sons have been appointed to high government positions. How do you explain this?

“We have a country that has a very low capacity. Some of our institutions – the ones that have to carry out the important reforms for the transformation of our country – simply do not have the capabilities. They also sometimes lack the sufficient integrity to be able to do what is right.”

“We have to place certain people close to us in positions to carry out our mandate of reform at the level of competence and honesty that is needed.”

“Nepotism is putting somebody who is a relative in a position for which they don’t have the qualifications, integrity or competence. There are times when you have to hire relatives, even when it’s a temporary measure, to achieve your objectives.”

You’ve accused former Liberian president William Tolbert of nepotism because he put his relatives in powerful positions. Do you think they were competent?

“Oh absolutely they were competent. Look, I’ve been criticized now too. But meeting your objectives at the end of the day is what counts most.”

So you will not fire your sons? To show that you are a hero of anti-corruption?

“No, I will not. There is a mandate and there’s a job to be done. When that job and mandate is done, perhaps they’ll move on to other things.”

Government officials in Liberia sometimes earn up to 10,000 dollars a month. Is there anything you can do about that?

“We have to recruit Liberians of certain professional skills and experience to certain strategic posts. If we do not pay them well, we will not be able to recruit them. We actually pay foreigners on our technical assistance programme much more than that.”

“If a Liberian is qualified and competitive and if we want to get them, we’ve got to do that. Those Liberians getting positions and getting high salaries are strong, experienced managers, recruited from corporations abroad. Their skills are desperately needed to build our country. Liberians should not criticise those who come home with the right skills to rebuild their country. We need them at home.”

How will you gain trust in Liberia?

“I have trust in Liberia. I’m not talking about the noisy minority – that’s just all part of transformation. I’m talking about a
satisfied majority who I meet in rural areas and who are pleased that their lives have changed, their incomes have increased and they’re getting better services.

“We accept the criticism and the comments. We also accept the adulation and the praise. That’s part of moving ahead in a democratic society where all rights are respected and protected. Liberia is making progress and the majority of the Liberians and the international community is quite aware and recognizes that.”

Ellen Johnson Sirleaf visited the Netherlands to receive an Honorary Doctorate Degree at Tilburg University on 9 November.

Kinshasa : comment brouiller une radio ?

Je suis au sommet de la plus haute colline de Kinshasa, entourée par les antennes de la Radio et télévision nationale RTNC du président congolais, Joseph Kabila. Ici, la plupart des médias de la RDC diffusent aussi leurs programmes. Et c’est l’Etat qui les contrôle.

Jour et nuit, des militaires sont postés en dessous des énormes antennes de la RTNC. Lorsque je passe devant, ils me suivent du regard. Ne touchez-pas, disent leurs yeux. Parfois, il s’endorment dans l’ombre, ce qui me permet de faire quelques photos en cachette. Voilà comment les dirigeants de ce pays contrôlent les médias. D’ici, le signal de la radio onusienne Okapi a été brouillé samedi dernier après une émission sur les rebelles M23.

Le mystère de l’antenne couchée
Au pied d’une antenne de 60 mètres, je rencontre Kudura Kasongo. Il est ancien porte-parole du président Kabila et propriétaire de la chaîne de télévision CMC TV, une chaine de l’opposition favorable au politicien Vital Kamerhe. Aujourd’hui Kasongo s’oppose donc ouvertement au régime congolais.

“D’abord, on nous a brouillé. Pendant une émission, on a retiré le signal”, explique Kasongo. “Juste avant la présidentielle de 2011, nous avons retrouvé l’antenne couchée. Quel mystère !”, lance Kasongo.

Il accuse l’Agence nationale des renseignements (ANR) d’avoir retiré le signal. “Elle devrait surveiller le territoire face aux agressions extérieures au lieu de surveiller les médias et les hommes politiques”, affirme-t-il.

Le pouvoir d’un monopole
“Vous voyez les trois grosses antennes au fond ?”, demande Kasongo, pointant son doigt. “C’est le terrain de Téléconsult, une entreprise privée italienne. Ils logent la plupart des télévisions et des radios en RDC, y compris RTNC. Ils ont le monopole du matériel et de la technologie. Un coup de fil de l’ANR suffit pour couper le signal.”

Dans la rue, un blanc est assis sur une chaise en plastique. Il boit de la bière congolaise. “Vous êtes Italien ?”, je lui demande. Il me répond que oui. “Vous travaillez pour Téléconsult ?” Encore oui. “Alors, c’est vous qui contrôlez tous les médias à Kinshasa, et même plus loin ?” L’Italien se lève soudainement. Il s’excuse, dit qu’il doit aller voir un collègue. Puis il court vers ses multiples antennes.

Mise à jour : Joint au téléphone, un porte-parole de Téléconsult répond que les accusations des journalistes sont fausses. Ils nient toute implication dans cette censure.

“Je ne suis pas marié”

“Du temps des mariages avec le sel, l’argent n’était pas si important. De nos jours les familles réclament tant, que les jeunes préfèrent rester célibataires.” Ces paroles sont sur le nouvel album Bouger le Monde du groupe congolais Staff Benda Bilili. J’ai rencontré Roger, le plus jeune membre du groupe, et le bassiste Paulin ou “Cavalier”, un des aînés du groupe, tous les deux célibataires. Et pour eux, le célibat c’est la misère!


10.000 dollars

Ça fait très, très longtemps que Paulin est seul. “Je suis célibataire parce que, si tu veux te marier, il faut avoir un boulot, il faut avoir à manger. Chez nous c’est un grand problème. Il faut avoir 5.000 ou 10.000 dollars pour se marier avec une femme. Tu vois ? C’est dommage pour les jeunes, comme il n’y a pas de boulot. Il faut donner 30 caisses de bières, de l’argent et la dot à la famille, c’est beaucoup!”

Roger, le petit dernier de Staff Benda Bilili, a 24 ans. Lui aussi est un homme libre. Et avec lui, de plus en plus de jeunes dans son pays, la République démocratique du Congo (RDC) : “Moi, je ne suis pas marié, j’ai des enfants, mais je ne suis pas marié. La responsabilité, les dépenses, tu dois payer le loyer… Il y a beaucoup plus de jeunes qui souffrent à propos de ça.”

L’esprit du célibat
Mais aujourd’hui, pour Roger, se marier est devenu possible grâce au grand succès international du groupe Staff Benda Bilili. “Mais derrière moi il y a des millions de jeunes, surtout en Afrique, qui n’ont pas ces capacités. C’est difficile. Il y a des gens qui meurent sans avoir fait un enfant. Voilà l’esprit du célibat.”

Et peut-être qu’il se mariera un jour. “Un homme doit être responsable, dit Roger. A 26 ou 27 ans, il faut être marié.” Mais pour Paulin, le bassiste de Staff Benda, il est trop tard, il se considère trop vieux pour avoir des enfants : “Oui, c’est trop tard, affirme Paulin. Parce que chez nous, il faut faire des enfants avant d’avoir 35 ans !”

Ne pas rester seul
Paulin restera donc seul. Heureusement qu’il vit en groupe avec les autres membres de Staff Benda Bilili, qui sont comme une famille pour lui : “Il ne faut pas rester seul. Donc il ne faut pas que le groupe se sépare. Il faut rester ensemble !” Le groupe a d’ailleurs composé une chanson sur leur volonté de rester ensemble, intitulée “Ne me quitte pas”.

Senegal: Twitter, the anti-Wade platform?

The social network Twitter is mostly a medium for urban youth. I am wondering if Wade, the president of Senegal, is aware of all the severe criticisms expressed against him on Twitter? Does he actually have any friends on the network? Where are the pro-Wade bloggers in Dakar? #kebetu

I “tweet” my question and get immediate reponses. @thiareo: “There are none, the people are fed up with Wade.” @NattySeydi: “pro-Wade bloggers there is none on twitter, #justsaying Pro-Wade but they are rather silent @tafiscoo @claire29”.

One person, @Tafiscoo, reacts. “Yes it’s true I am pro-Wade. I’m here for any discussion, but I am rarely on-line.” And indeed, @Tafiscoo seems to have been offline ever since…

Tweetless politicians

Fortunately, @NattySeydi is ready to meet me in downtown Dakar. He is a 25-year-old web developer, blogger and internet enthusiast. “Since 2009 I am mainly active on Twitter. I had a lot to say and had no other way to express myself.”

There are not many Senegalese politicians on Twitter. According to @NattySeydi, “there is an account for President Abdoulaye Wade at @LeWadaillon but I don’t think it’s him. You are able to find Cheikh Tidiane Gadio, Macky Sall, Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse and the Minister of Communication Moustapha Guirassy. But they don’t really post often. And you cannot be sure if it’s actually them or their communications officers. With Barack Obama, you can be sure it’s him.”

Anti-Wade

According to @NattySeydi, it’s unfortunate that there’s an anti-Wade majority on Twitter. “I saw two pro-Wades on Twitter today. I tried to start a discussion with them to find out why they are pro-Wade. But there was no real interaction. If pro-Wade people do not defend the ideas of Wade, than that’s a shame because then the information is only one way. There can be no balance.”

“People tend to say that people on Twitter are anti-Wade. The president should be able to defend his candidacy, and answer all our questions! But we are not seeing him…”

Stromae: In Africa, I am considered white

My chat with the Belgo-Rwandan Stromae for Radio Netherlands Worldwide during Eurosonic Noorderslag 2011!

Stromae?
That’s « verlan » for maestro. Verlan is slang from Paris, but we use it in Brussels too. You take a word and flip it. Maestro becomes Stromae. I find it a bit more modest.

I don’t pretend I’m a maestro. I consider myself to be one just because I write songs behind my computer. My musicians are inside my computer. I’ll never compare myself to big composers like Mozart or Beethoven.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=VHoT4N43jK8[/youtube]

Since you’re Belgo-Rwandan. Are you well known in Africa?
The song Alors on danse worked well in Africa. Or at least in the French-speaking countries. The European French-speaking culture is influenced a lot by the African French-speaking culture. I know my single worked very well in countries like DR Congo. Also in West-African countries and in the north: Morocco, Tunisia. A little bit in Egypt, even if they don’t speak French. South Africa too. I’ve seen Gabonese people on my Facebook page. My hat off to all the African people who support me.

Let’s say you’ve been elected president of Rwanda. What would be your number one priority?
For Rwanda – I think, I’m not sure – we’ll have to focus on forgiving. I believe the actual president Paul Kagame is doing a great effort. After all, big crimes have taken place there. We will have to evaluate this genocide.

And your priority in Belgium?
In Belgium… there was no genocide, luckily. But people in Belgium are busy with similar stupidities – language stupidities. I believe people should come closer to each other. We are talking about human problems. As a president, I think you should take a step back. You should not think about your own interest, but about the interest of the people. But that’s an easy thing to say if you are not in power. I don’t want to pass easy judgements.

What is your personal relationship with Africa?

When I am in Africa, they consider me as white. Even a Black African who grew up in Africa, is seen as white. I don’t want to falsely get closer to an origin or another, without really knowing it. I don’t know much about my African roots. In fact, I never knew my father. But we danced a lot on music by Kofi, Papa Wemba and others. In Europe we danced too! In music, I think there is no more borders.

Thinking about the Netherlands, what’s the biggest cliché you can think of?
When I think of the Netherlands, I think of Gouda cheese. We eat a lot of Dutch cheese in Belgium. I think of beer too, but Belgium has a better reputation for beers. Weed, you’re very well known for marihuana. The Netherlands is one of the few countries that legalises weed.

Do you smoke any yourself?
Me? No. Never. Seriously. Seriously!

Being a role model yourself, who’s your personal role model?
Ibrahim Ferrer! He’s one of the singers in the collective Buena Vista Social Club. I’ve been listening to them for a long time. My mother introduced me to his music. It’s a good mix of all the music in the world. He’s inspired by the Congolese rumba, he uses the same congas. There are also Spanish and oriental influences in his music.

The Buena Vista Social Club has melancholy. It is full of modesty and simplicity. It is simply wonderful! But I believe there is a lot of melancholy in electronic music as well. Even the New Beat was very much inspired by Cuban music. These are the same kind of melodies I have been using in my music.

Youssou N’Dour : ”Wilders ? Connais pas”

“Notre religion est des fois déformée par des gens ici.” Youssou N’dour la semaine dernière aux Pays-Bas – défend sa religion. L’avis de la superstar sénégalaise.

”Quand j’étais très jeune, nous parlions de l’Europe comme d’un El Dorado. C’était quelque chose de magique, un continent de réussite. Je me souviens que je parlais toujours d’Amsterdam. Je voulais aller à Amsterdam un jour. Sans vraiment connaître bien le pays.”

”La Hollande est en relation avec ma musique. La première fois que le musicien anglais Peter Gabriel a entendu ma voix, c’était sur la radio néerlandaise. Il a dit : Oh ! quelle est cette voix ?”

”Et puis j’aime beaucoup le football. J’aime beaucoup les joueurs ici. Et j’ai des amis aux Pays-Bas. Il est exclu que je fasse une tournée en Europe sans passer en Hollande.”

Ridicule

”Le politicien néerlandais Geert Wilders ? Non, je ne le connais pas. Mais je connais un peu la situation générale aux Pays-Bas. Qu’il y a de plus en plus de gens qui ont des idées un peu d’extrème droite.”

”Moi je crois que l’islam, c’est le contraire de ce qu’il dit. L’islam, c’est une religion de tolérance, une religion de paix. C’est une religion – si vous lisez l’équivalent de la Bible, le Coran – qui aborde toutes les questions. Comme dans toutes les religions il y a des gens qui sont un peu extrémistes.”

Pour moi la multitude d’ethnies, de langues, de religions, ce n’est pas un obstacle ! C’est une richesse. Malheureusement de plus en plus de gens y font obstacle. Ils utilisent leur message, leur discours en disant que c’est un problème. Moi je crois que c’est dommage qu’il y ait des gens qui arrivent au pouvoir avec un message ridicule. Ainsi ils arrivent à convaincre plus de gens. C’est dommage.”

Déformée
”La religion est tout pour moi. La religion me suit dans tout ce que je fais. Je pense que c’est important pour moi de défendre toujours ma religion et d’utiliser aussi ma musique et ma réputation pour promouvoir le vrai visage de notre religion, qui est des fois déformée par des gens ici.”

”Les médias parlent beaucoup de ces extrémistes comme s’ils étaient importants. Mais la majorité de la population musulmane est tolérante, aime la paix. Je crois que les médias ont joué un rôle très important. Ils montrent toujours un côté très dur des fondamentalistes. Il y a aussi des fondamentalistes dans les autres religions. Mais on parle beaucoup plus des fondamentalistes dans la religion musulmane. Je ne suis pas d’accord.”

Mission
”Personnellement, je resterai toujours musicien, mais je participe à la politique. Cela m’intéresse beaucoup, la politique dans mon pays, dans mon continent. Pour jouer sur les bonnes décisions.”

”Quant aux Pays-Bas, je crois fondamentalement que les Néerlandais sont un peuple ouvert. Il ouvrira toujours ses yeux vers la richesse des cultures. Moi, j’y crois.”